jeudi 4 décembre 2008

lettres d'Ernestine Chasseboeuf



Ernestine Chassebœuf


COUTURES, en Maine et Loire


aux enfants de l’école Diderot


à Montreuil












Mes chers enfants,




J’espère que Jean Lebrun va vous faire passer ma lettre parce que des Montreuil, dans le code postal j’en ai trouvé 29. C’est comme des Coutures où j’habite, y’en a 8 et même 5 qui s’écrivent comme ici. Si je vous fais cette lettre, c’est parce j’ai lu dans le Télérama que vous faisiez un journal Ratatouille, et comme j’écris des fois des poésies, surtout sur la campagne, je voudrais savoir si vous prenez aussi des poèmes du troisième âge ou même du quatrième. J’ai essayé de les faire imprimer chez Belin, c’est ceux qu’avaient fait mon livre de récitations du certificat d’études, mais ils m’ont répondu qu’ils éditaient plus que des gâteaux secs.Dans le temps j’ai bien eu des petits neveux qu’allaient à l’école à Saint Lambert pas loin d'ici, ils faisaient déjà un petit journal, mais c’était avec des lettres en plomb, et c’était lourd pour des petits comme ça, alors j’ai jamais osé leur demander d’imprimer mes récitations. Ils aimaient bien ça, l’école, toujours à se promener pour étudier la nature, maintenant quand je vois les écoles en photo sur le Courrier de l’Ouest, c’est qu’ils visitent une caserne ou qu’ils vendent des légumes à la récréation pour pouvoir se payer le maquedo au voyage scolaire, alors votre journal, c'est vous dire si ça me plaît.Je vous recopie ma poésie sur le tournesol, si elle vous plaît pas, faudra me le dire, je vous en enverrai une autre que j'ai commencée, ça parle de ma brouette.





Ernestine Chassebœuf Coutures, le 3 juin 2002
49320 Coutures
à Louis Bozon
au jeu des mille euros

Monsieur Bozon,

Je vous envoie plus de questions puisque vous les passez jamais, mais tant pis, je sais bien qu’elle sont trop dures, c’est juste pour faire perdre les candidats et arrondir un peu les fins de mois. Avec la retraite des vieux c’est trop juste.
Si je vous écris aujourd’hui c’est pour vous dire que je vous ai entendu parler du barde du Cantal, Arsène Vermenouze. Mais faudrait aussi parler des bardes des autres fromages, les poètes du camembert ou du livarot. Moi par exemple, j’ai écrit un poème pour le Chaussée-aux-Moines, c’est un fromage que j’aime pas trop mais je voulais les remercier pour une carafe que j’avais gagnée : je vous envoie mon poème, comme ça si vous voulez parler de fromage au poste, vous aurez de quoi lire.
Bon courage pour vos voyages en France, j’espère que c’est pas trop fatigant et j’espère que ma lettre vous trouvera de même,

Ernestine Chassebœuf
















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